Marcher sur le Chemin du Nadir au Zenith!
Bonjour à tous,
Avant de rechausser les souliers et de sentir à nouveau le poids familier du sac sur mes épaules, je vous envoie cette petite carte postale. Une carte postale du seuil, de l'instant juste avant un nouveau départ. Le 1er septembre de cette année, je reprends la route pour un long périple de six à sept semaines, qui me mènera de Navarrenx jusqu'au bout du monde, ce Cabo Fisterra et la plage d'Arnela qui m'appellent tant.
D'un chemin à l'autre, d'un ami à l'autre
Certains d'entre vous ont suivi mes pas en mai dernier, lorsque j'ai eu la chance de marcher de Chartres à Tours avec mon ami Bruno, qui souhaitait "tâter le terrain". Ce fut une belle aventure, et d'autres articles viendront peut-être un jour, mais pour l'instant, une autre histoire presse.
Car me voici de nouveau sur le point de partir avec un ami, avec Bruno. Mais pas le même.
Ce Bruno-là, c'est une histoire à part entière. Une histoire de Chemin interrompu. Il avait commencé son pèlerinage en 2018, partant du Puy-en-Velay jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port. En 2019, fort d'une forme physique impressionnante, il devait franchir les Pyrénées et avaler les kilomètres jusqu'à Compostelle.
Mais, comme souvent dans la vie, il y a eu un "mais". Un "mais" brutal, en plein désert de Jordanie : un grave AVC qui a laissé son côté gauche affaibli et le rêve du Chemin hors de portée.
Une promesse scellée au vin blanc
Avance rapide jusqu'à un soir d'hiver 2023. Nous refaisions le monde, comme on aime tant le faire, autour d'une (ou peut-être deux...) bouteille de vin blanc. Au détour d'une phrase, j'ai dû lancer quelque chose comme :
« … si tu veux, je t’accompagne pour finir ton Chemin… »
Trois jours plus tard, le téléphone sonne. C'est Bruno.
« Malgré ton état l’autre soir, était-ce une parole d’ivrogne ? »
Ma réponse, entre fierté et amusement :
« Heu, moi monsieur, je n’ai qu’une parole ! J’ai surtout une dignité… ce qui est dit est dit, et patati et patata… »
Il a enchaîné, direct :
« Bon ! On part quand ? »
Le temps de rassembler mes esprits :
« Heuuuu, bah, heuuuu… 2024, c’est pas possible. Donc 2025. Écoute : 1er septembre 2025. »
Et le plan est né, simplement :
« Et pour se faire les jambes avant le col de Roncevaux, on part de Navarrenx, de chez Jean-Gaëtan. On se fait des étapes de 15 km max, et on verra bien… »
« Parfait ! »
Une parole est une parole. Une promesse est une promesse. Et un Chemin partagé est la plus belle des promesses.
La carte de notre Chemin
Ce lundi 1er septembre, je serai donc dans le train, direction la frontière du Pays Basque. Le programme est simple : marcher, à une allure modérée, voire très modérée. L'important n'est pas la vitesse, mais le fait d'avancer, ensemble.
Notre route nous mènera de Navarrenx à Saint-Jean-Pied-de-Port, avant d'affronter le fameux col de Roncevaux. Puis nous traverserons l'Espagne via le Camino Francés : Pampelune, Puente la Reina, Burgos, León... jusqu'à la Galice et Santiago de Compostela.
Mais le voyage de Bruno ne s'arrête pas là.
Mon Occident personnel rejoint le sien. Nous pousserons jusqu'à Muxia puis Finisterre, en quête de cette plage du "jugement du sage", Hermedesuxo, et de la Playa Arnela(un lien vers d'ancien article ).
Une quête alchimique ?
Ce lieu, Hermedesuxo, (un lien vers ces anciens articles)n'est pas anodin. Dans le film « Le voyage alchimique », Patrick Burensteinas raconte que cette plage, située entre Muxia et Fisterra, est une terre de fertilité pour les alchimistes. C'est là qu'ils venaient chercher l'antimoine rejeté par la mer, le minerai qui leur permettait de commencer leur Grand Œuvre.
Finir un Chemin interrompu par l'épreuve, n'est-ce pas, d'une certaine manière, une façon de transformer le plomb en or ?
Si la connexion le permet et si le temps ne me manque pas, je vous enverrai quelques cartes postales numériques depuis ce blog. Mais je ne promets rien. Le Chemin a ses propres règles.
A bientôt 👋
Pierre